Comité de suivi du 100% santé, les réactions

100% santé

Le Comité de suivi du 100% santé s’est réuni, mardi 13 avril, au ministère de la Santé, en présence du ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran. Un point d’étape a été fait sur la percée du dispositif.

Les opticiens ne jouent pas le jeu selon le ministère de la Santé

Il annonce un taux de recours au 100% Santé en optique d’environ 15,5%. La DGCCRF a, par ailleurs, dressé un bilan intermédiaire et partiel de son enquête lancée en octobre, sur le bon respect des règles du 100% santé par les opticiens. Sur un peu moins de 300 magasins, elle a constaté 60% de « non-conformités », sans donner ni chiffres ni détails. Pour la partie audition, 55 800 patients ont eu recours aux aides auditives de classe 1 en audition soit plus de 12% des ventes en 2020 avec une explosion du 100% santé sur les premiers mois de l’année 2021 au-delà de 30% des ventes.

Le Rof considère cette 1ère année comme un succès

En effet, selon le cabinet Xerfi, qui a réalisé une étude sur un échantillon de 350 000 factures représentatives du marché, 17,6% des patients ont, en 2020, choisi un équipement « 100% santé » (panier A verres et montures ou mixte panier A/panier B). Or, le renoncement aux soins en optique était, avant la réforme de 10%. Ce seuil est donc largement dépassé.  L’étude Xerfi révèle par ailleurs qu’aujourd’hui 21% des clients ne paie rien en sortant de chez l’opticien, alors qu’ils n’étaient que 10% en 2018. Le nombre d’assurés ayant un reste à charge maitrisé (RAC inférieur à 40 euros) a augmenté lui aussi.
Le Rassemblement des opticiens de France souligne toutefois le paradoxe de la réforme : la création d’un nouveau reste à charge sur la dépense «monture», en raison de la baisse de 150 à 100 euros du plafond de remboursement dans les contrats responsables. La dépense des patients pour leur monture est supérieure à ce nouveau plafond : entre 106,50€ et 110,99€ en moyenne selon le type de lunettes. La baisse du plafond de remboursement des montures a donc créé du reste à charge pour 50% des patients.
André Balbi, président du ROF, indique :« Les opticiens ont vendu des équipements 100% santé à plus de deux millions de patients. Ce chiffre démontre à lui seul l’investissement de toute la profession dans le succès de la réforme ». Face aux critiques du ministère que l’éventuel dénigrement de l’offre 100% Santé par les opticiens, le syndicat rappelle que la présentation conjointe sur le devis d’une offre 100% santé et d’une autre « marché libre » implique nécessairement une comparaison entre celles-ci. Les patients cherchant à comprendre pour choisir, il est naturel que l’opticien leur expose les différences, en termes financiers et technologiques, et le bénéfice induit quant à leurs besoins.
Enfin, le ROF a attiré à nouveau l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité de lever les derniers freins à l’accès aux lunettes sans reste à charge. (tiers-payant, disponibilité des prescripteurs, …)

Le Synom et le Synam satisfaits

Les deux syndicats se disent satisfaits des résultats annoncés. En optique, le Synom indique que les opticiens mutualistes sont au-delà des chiffres annoncés avec 23% de ventes en 100% santé. Concernant les non-conformités détectées par la DGCCRF sur les 322 magasins d’optique et centres d’audition audités depuis octobre 2020, le Synom s’est dit étonné et prêt à coopérer. Il considère donc que le 100% santé a trouvé son public en optique et répond au besoin des Français. Le syndicat est par ailleurs revenu sur la nécessaire évolution de la filière visuelle, saluant la tenue, la semaine prochaine, d’une réunion avec le cabinet ministériel pour amorcer les discussions sur la mise en place des préconisations du rapport Igas. Il évoque également l’évolution de la formation des opticiens (en 3 à 5 ans) pour permettre des délégations de tâches et faciliter ainsi l’accès aux soins visuels.
Côté audition, la classe 1 représente 35% des ventes de l’enseigne mutualiste depuis le début de l’année. Sur l’alerte du ministre relative au peu de prestations de suivi télétransmises, le Synam se montre rassurant en expliquant que ce n’étaient que des points techniques à lever et que ces rendez-vous ont bien eu lieu mais sans être tracé actuellement.
Enfin, le Synam a rappelé au ministre que le protocole d’accord prévoyait une vaste campagne de communication de prévention en audition. Une fois passée la pandémie actuelle, celle-ci complèterait les mesures mises en place pour inciter les Français à s’appareiller.

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