En ophtalmologie, des disparités d’accès aux soins existent dans la majorité des départements avec une bonne accessibilité dans la préfecture, qui réduit lorsque l’on s’éloigne de cette ville. Au niveau spatial, certaines régions ont un bon accès aux soins ophtalmologiques : Ile-de-France, Alsace, vallée du Rhône, pourtour méditerranéen, côte Atlantique (nord de Bordeaux jusqu’en Bretagne) et Nord-Pas-de-Calais. A l’inverse, les zones montagneuses (sud du Massif Alpin, Corse, Pyrénées), les départements de la Creuse, de l’Indre et de la Guyane ont une faible accessibilité.
L’aspect financier limite aussi l’accès aux soins
En 2019, 61% des ophtalmologistes étaient conventionnés secteur 2. Concrètement, si on limite le choix du praticien au secteur 1, l’accessibilité est divisée par 2. Elle diminue de 25% si l’on inclut les praticiens à dépassements modérés. Cette forte baisse est observée sur l'ensemble du territoire national, y compris pour des zones qui apparaissaient pourtant bien dotées. Selon l’étude, dans certains endroits où l'offre en secteur 1 n’est pas ou peu présente, la population est exposée à des restes à charge qui peuvent représenter un frein à l'accès aux soins. Selon les chercheurs, plus la commune présente des revenus élevés, plus l'accessibilité augmente. La meilleure accessibilité des communes les plus favorisées s'explique par l'offre plus abondante de secteur 2 qui rencontre là une demande plus solvable. Les 10 % de la population les mieux dotés en ophtalmologistes ont, en 2019, une accessibilité 5 fois supérieure aux 10 % de la population les moins bien dotés. Alors que le débat public a tendance à se focaliser sur l'inégale répartition des médecins généralistes sur le territoire, l’étude conclut qu’une amélioration de la répartition géographique des médecins spécialistes devrait être accompagnée d’une maîtrise de l'évolution des tarifs pratiqués afin de favoriser une meilleure réponse aux besoins de santé de la population.
