La parlementaire s'appuie sur des données convergentes publiées en mars 2026 par la FHF, Ipsos BVA, l'Irdes et le Hcaam, qui font état de 55 départements sur 96 en situation de sous-densité médicale ophtalmologique. Un chiffre qui donne la mesure de la tension d'accès aux soins visuels sur une large partie du territoire. Sa proposition est donc d'autoriser, par un texte réglementaire, la réalisation par des opticiens-lunetiers d'examens complémentaires non invasifs (en présentiel ou à distance), dont les résultats seraient ensuite transmis à un médecin pour interprétation, dans le cadre de protocoles de coopération encadrés.
Elle appuie sa démonstration sur des recommandations de l'Igas vieilles de plus de cinq ans, formulées dans un contexte déjà tendu en matière de démographie médicale, mais restées sans suite réglementaire depuis. La question s'inscrit ainsi dans la continuité d'un « serpent de mer » de la profession : celui de l'élargissement progressif du champ de compétences de l'opticien-lunetier, déjà engagé par étapes successives ces dernières années (adaptation des prescriptions, renouvellement), mais dont chaque nouvelle extension se heurte traditionnellement à la prudence des autorités sanitaires et, souvent, à la réserve des ophtalmologistes.
Dans un contexte où la profession se sent déjà mise sous pression sur plusieurs fronts réglementaires (publicité, transferts de charges vers les complémentaires), cette question offre un angle différent : celui d'une extension de compétences présentée non comme une menace, mais comme une réponse à une carence de santé publique. Reste à voir si elle rencontrera un écho plus favorable que les précédentes.