Inquiétude des professionnels de santé suite à la fermeture annoncée de l’ANDPC

Le 28 Novembre 2025

Fin 2024 un rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) préconisait de réformer, en profondeur, l’Agence nationale du développement professionnel continue (ANDPC). Ce sera chose faite, en 2026, puisque le ministère vient d’annoncer que les missions de l’agence devraient être assurées par d’autres opérateurs de l’Etat. Une situation qui inquiète un certain nombre de professionnels.

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Pourquoi un tel changement?

Le DPC (Développement professionnel continu) devait assurer la formation des professionnels de santé issus des 28 métiers listés par le Code la Santé Publique, tout au long de leur exercice. Son organisation était jusqu’ici assurée par l’ANDPC groupement d’intérêt public constitué paritairement de l’Etat et de l’Assurance maladie, avec une efficacité souvent remise en cause. Le faible taux effectif de formations réalisées est notamment pointé du doigt, tout comme le manque de clarté du dispositif ou les orientations prioritaires choisies, jugées peu en adéquation avec les besoins des professionnels. Par ailleurs, en 2023, la certification périodique (CP), qui concerne tous les professionnels de santé dotés d’un ordre (plus de la moitié des professionnels de santé) a vu le jour, remettant en cause le DPC. Elle couvre une palette plus large de compétences comprenant la formation continue, les relations avec les patients, et la santé du professionnel de santé. En cas de non-respect de ces obligations, des sanctions peuvent être prononcées par l’ordre concerné. C’est pourquoi l’Igas, dans son rapport 2025, conseillait de supprimer, le DPC, pour les professions à ordre, tout en le maintenant (en y apportant quelques améliorations), pour d’autres professions. La suppression de l’ANDPC et le transfert de ses prérogatives à d’autres opérateurs étaient aussi évoqués

L’inquiétude du Snao

Après l’annonce de la fin de l’ANDPC, a Syndicat national autonome des orthoptistes a fait part de son inquiétude. Il y voit une menace directe sur la formation continue des orthoptistes puisque le DPC « constitue aujourd’hui un levier essentiel pour maintenir un haut niveau de compétences, indispensable à la qualité des soins visuels, dépistage, rééducation, basse vision, télémédecine, petite enfance ou encore prise en charge des pathologies chroniques ». Le syndicat craint des ruptures d’accès à la formation et demande des garanties sur le futur financement des actions de formations. Il souligne que « sans cadre clair, de nombreux orthoptistes pourraient se retrouver dans l’impossibilité de poursuivre leur développement professionnel, alors même que la filière visuelle fait face à des besoins croissants ». Le SNAO souhaite que la gestion financière soit confiée au FIF-PL, opérateur, déjà expérimenté et structuré pour les professions libérales, qui pourrait assurer un relais rapide et éviter ainsi une rupture dans la prise en charge des formations. Il appelle à construire cette transition avec les professionnels de santé.