Longtemps évoqué, l’encadrement de la publicité dans le secteur de l’optique semble désormais se concrétiser. L'AOF souligne la légitimité de mieux contrôler certaines pratiques, mais fustige une potentiel interdiction générale "réponse simpliste à des problématiques beaucoup plus complexes".
Elle pointe notamment le paradoxe qui pourrait conduire à appliquer aux opticiens les règles des professions de santé sans reconnaître leur rôle dans el parcours du soin.
On ne peut pas demander à l’opticien de renoncer progressivement aux attributs du commerçant sans, parallèlement, lui donner pleinement les moyens d’exercer ses missions de professionnel de santé.
Thibaud Thaëron, Président de l’AOF.
L’Association des Optométristes de France défend, depuis plusieurs années, une évolution des compétences, une montée en qualification de la profession et une meilleure utilisation du maillage territorial que représentent les opticiens en France. L’objectif serait donc de donner à l’opticien les outils lui permettant de jouer pleinement son rôle de professionnel de santé, en coordination avec l’ophtalmologiste.
Des conséquences non négligeables
L'association rappelle que la communication des opticiens ne se limite pas à la promotion d’une activité commerciale, mais constitue aussi un vecteur d’information et de sensibilisation en santé visuelle. Par ailleurs, alors qu'en janvier 2027, un nouveau transfert de charges de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) vers l’Assurance maladie complémentaire (AMC) doit intervenir en ce qui concerne les dispositifs médicaux dentaires et optiques, l'AOF se demande quelles seraient les conséquences de l'interdiction de publicité et à qui cela profiterait?
En conclusion, l'AOF prône un encadrement plus exigeant de la publicité des opticiens, mais sans interdiction générale et souligne que l’avenir de la profession ne peut pas se construire en retirant des prérogatives d’un côté sans reconnaître, de l’autre, les compétences et les responsabilités que les opticiens sont aujourd’hui capables d’assumer.