Les chiffres mis en avant par le Gifo donnent la mesure du sujet : trois Français sur quatre de plus de 20 ans présentent un trouble de la vision, une proportion qui grimpe à 97 % après 60 ans. La myopie concentre une attention particulière : 27 millions de personnes seraient déjà concernées en France, et la moitié de la population pourrait l'être d'ici 2050 si la tendance se poursuit. Une progression que le Gifo qualifie d' « épidémie silencieuse », avec un risque accru de complications oculaires à l'âge adulte pour les enfants touchés précocement.
Face à ce constat, le livre blanc « Mieux prévenir, mieux voir, mieux vivre » formule dix-sept propositions.
Parmi les plus concrètes :
- élaborer des parcours de dépistage et de suivi propres à chaque âge de la vie ;
- renforcer la coordination entre les « trois O » via des protocoles de coopération ;
- ou encore déployer un programme baptisé « MT'Yeux », calqué sur le dispositif « MT'Dents » qui a fait ses preuves pour le dépistage bucco-dentaire précoce chez l'enfant.
« La vue constitue un déterminant majeur de notre santé car elle influence non seulement notre état de santé physique mais également notre bien-être mental, social et économique », résume Prûne Marre, présidente du Gifo.
Ce plaidoyer rejoint, sur le fond, celui porté par le Rof, le Synom et l'AOF : industriels et syndicats d'opticiens convergent désormais sur un même diagnostic — le dépistage précoce, en particulier chez l'enfant, reste le maillon faible du système de santé visuelle français.