Le Rof dénonce la possible interdiction de publicité en optique

Le 08 Septembre 2026

Les Pouvoirs Publics envisagent d’interdire toute publicité auprès du grand public pour les dispositifs médicaux d’optique remboursés. Le Rassemblement des opticiens de France dénonce une mesure à l'efficacité non démontrée sur la maîtrise des dépense d'optique et craint que cela ne pénalise les patients.

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Une réunion de concertation avec la Direction de la Sécurité sociale s’est tenue le 4 septembre avec les acteurs de la filière. Durant celle-ci, l’hypothèse d’une interdiction générale de la publicité a été mise sur la table, donnant le sentiment que l’issue de la concertation était déjà largement déterminée. Selon le Rof, cette interdiction pénaliserait le pouvoir d'achat des Français en limitant leur information sur les services, les équipements et les conditions proposés par les différents professionnels. Les patients ne pourraient donc plus faire jouer la concurrence qui contribue à maintenir une pression sur les prix. Par ailleurs, ils seraient également moins informés sur al santé visuelle 

Le syndicat souligne que le renouvellement d'un équipement répond, dans la majorité des cas, à une évolution de la vue constatée par un professionnel de santé et non à une pulsion d'achat liée à la publicité. Il rappelle les chiffres de l'étude, menée en septembre 2025 par Galliléo Business Consulting, auprès de 3 000 porteurs de lunettes: 92 % déclarent renouveler leurs lunettes avant tout en raison d’un besoin visuel ou médical. Plus encore, 87 % des achats interviennent après l’examen d’un professionnel de santé ayant constaté une évolution de la vue, dans neuf cas sur dix un ophtalmologiste.

De plus, cette réforme poserait la question de l’accès aux soins visuels car la publicité en optique ne se résume pas à une promotion commerciale. Elle permet aussi d'informer, sensibiliser et orienter les patients. Le Rof s'étonne de la méthode suivie par les pouvoirs publics qui n'a pas réalisé d'étude d'impact sur les conséquences de cette décision, alors que l’organisation professionnelle demande, depuis plusieurs mois, à travailler avec l’État à la définition d’un cadre de régulation robuste et équilibré.

Les propositions du Rof

Le syndicat propose de réguler la publicité plutôt que de l'interdire. Depuis plusieurs mois, il porte une charte d’engagements visant à définir un cadre clair et exigeant pour la communication en optique. Présentée dès mars 2026 à la Direction de la Sécurité sociale, puis à la CNAM, au Ministère de la Santé et à Bercy, cette proposition répond notamment aux principaux sujets identifiés par les pouvoirs publics. Il s'agit de mieux encadrer les pratiques qui le nécessitent, renforcer le contrôle du respect des règles existantes et sanctionner les abus.

Le ROF demande donc au Gouvernement :

  • de renoncer à toute interdiction générale de la publicité en optique, dont ni les effets ni la nécessité ne sont à ce jour démontrés.
  • d’engager une véritable concertation avec l’ensemble des acteurs de la filière.
  • de préserver le droit des patients et des consommateurs à une information claire et utile, ainsi que leur capacité à comparer les offres et à faire jouer la concurrence.

Nous partageons pleinement l’objectif de lutter contre les pratiques trompeuses ou excessivement incitatives. Mais interdire toute publicité ne peut pas être la seule réponse. Depuis plusieurs mois, nous proposons au contraire un cadre concret et exigeant pour encadrer les pratiques, responsabiliser les acteurs et sanctionner les dérives. Nous demandons aujourd’hui que cette proposition soit réellement examinée et que la concertation puisse aller à son terme. Car derrière ce débat, c’est aussi le droit des patients à être informés, à connaître les solutions qui existent et à pouvoir faire jouer la concurrence qui est en jeu. Protéger les patients, ce n’est pas les priver d’information : c’est leur garantir une information responsable, transparente et utile. 

Jean-François Porte, Président du Rof.