Vincent Dedes, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France, fustige "l'ignorance inquiétante à la tête de la FNMF". Il rappelle que la profession de médecin est réglementée et soumise à de nombreux contrôles et obligations: code de déontologie, code de la Santé Publique, convention médicale, respect de recommandations HAS, respect des critères des autorisations de mise sur le marché, etc.
Le non-respect de ces différents points peut entraîner la récupération d’indus et des pénalités financières. Vincent Dedes souligne, par ailleurs, que de nombreuses assurances complémentaires prennent en charge des pratiques non conventionnelles sans aucune preuve scientifique.
Le Snof dit se tenir à la disposition d'Eric Chenut pour échanger sur les différentes possibilités de lutte contre la fraude, en concertation avec les professionnels de santé.
Selon le Conseil national de l’Ordre des médecins "affirmer que « tout ne doit plus nécessairement passer par le médecin » ou que celui-ci serait « le seul à pouvoir prescrire de l’argent public sans contrôle » constitue une lecture réductrice et, surtout, dangereusement éloignée, voire légèrement méprisante, de la réalité de l’exercice médical". Il rappelle que la prescription est un acte clinique personnalisé qui ne peut relevé d'un processus standardisé, ni d’une logique algorithmique. Selon lui, l'opposition, faite par Eric Chenut, entre liberté de prescription et efficience du système relève d'une méconnaissance de ce qu’est l’acte médical.
Le Conseil s'inquiète par ailleurs de la volonté de structurer le système de santé en marginalisant le rôle du médecin et rappelle que soigner est avant tout un acte humain. Il complète: "La démographie médicale insuffisante ne saurait devenir un prétexte à transformer le modèle français en un système où les décisions cliniques seraient standardisées, automatisées ou pilotées par des logiques financières".
"L’avenir de notre système solidaire ne se construira pas contre les médecins, mais avec eux, en respectant leur rôle pivot dans le soin. Le Conseil national de l’Ordre des médecins est pleinement disposé à participer à toutes les réflexions visant à améliorer l’organisation de notre système de santé. Il rejette en revanche fermement toute tentative de dévalorisation ou de dilution du rôle médical, qui constituerait une atteinte directe à la qualité des soins et à la sécurité des patients." conclut-il.
Même son de cloche du côté de MG France qui souhaite notamment que le ratio entre le montant des remboursements et le montant des primes versées, notamment aux assureurs complémentaires, puisque la loi oblige les salariés à les payer, soit soigneusement étudié dans un souci d’efficience.
MG France rappelle que, contrairement aux contrats d’assurance, chaque patient que le médecin généraliste prend en charge est différent du patient suivant, et qu’il est, de ce fait, complexe de normer les pratiques. La Fédération souhaite notamment qu'il soit possible de "comparer facilement les pratiques assurantielles pour que chaque contributeur sache précisément ce qu’il finance par ses cotisations".
Elle indique que "l’Assurance Maladie reste à ce jour, en France, le dispositif de financement des soins le plus efficace, le plus redistributif et le moins sélectif, accordant à chacun le soin dont il a besoin au prix d’une cotisation adaptée à ses moyens". MG France s'inquiète d'ailleurs "de la mise en place, par la ministre de la Santé, d’une mission dédiée à l’articulation entre assurances maladie obligatoire et complémentaire, dont la composition semble pouvoir prédire le résultat".
MG France conclut en indiquant son opposition "à toute tentative de démantèlement de l’assurance maladie obligatoire au profit d’assureurs privés, quels qu’en soient les prétextes".
Ces prises de position fortes pourraient, peut-être, renforcer la voix de la Fédération nationale des opticiens de France dans sa lutte contre les ocam qui souhaitent obtenir les données de santé des patients, en arguant de la lutte contre la fraude sociale.
Hugues Verdier-Davioud, président de la Fnof, se dit toutefois "inquiet de l'outrance et de l'irresponsabilité des propos tenus, ces derniers mois, par les organismes complémentaires".
