Ophtalmologie: chiffres et enjeux

Le 01 Mars 2024

Les Echos Etudes publient une analyse du marché de l’ophtalmologie, en particulier des nouveaux modèles présents dans ce secteur. Chiffres, offre de soins, attentes des Français et des professionnels de santé et organisation des soins y sont abordés.

Image par Paul Diaconu de Pixabay

Chiffres clés de la profession (1er janvier 2023)

  • 5748 ophtalmologistes en exercice dont 43% femmes.
  • 8,47 : densité moyenne d’ophtalmologistes pour 100 000 habitants
  • Age moyen : 52,9 ans (hommes 54,4 ans/ femmes 50,9 ans)
  • 59,4% : exclusivement libéraux dont
    • 62,8% des hommes
    • 54,7% des femmes
  • Salariés (Hôpitaux et cabinets) : 22% femmes et 14% hommes.
  • Salariat hors hôpitaux : +22% en 2023 avec dans le détail
    • +34% pour les hommes
    • +12% pour les femmes

Le nombre d’ophtalmologistes en exercice au 1er janvier 2023 est relativement stable (-0,8% sur un an). La répartition hommes/ femmes évolue également assez peu (43% femmes en 2023 vs 44% en 2022), mais l’âge moyen des femmes (50,9 ans) est légèrement plus bas que leurs homologues masculins (54,4 ans). 3412 ophtalmologistes exercent exclusivement en libéral, majoritairement des hommes. Le salariat est de plus en plus important avec une augmentation de 22% de ses effectifs en 2023. Ce sont les cabinets de groupe et les centres ophtalmologiques qui boostent ces chiffres. Ainsi, entre 2012 et 2023, les effectifs salariés (hors hospitalier) ont été multipliés par 3 (+207%), alors que l’activité libérale est restée quasi identique (-0,2%).

evolution salariat ophta 2012 2023

Une offre de soins en mutation

Face à une augmentation de la demande, notamment du au vieillissement de la population, le secteur évolue avec de nouveaux protocoles organisationnels. Le travail aidé s’est ainsi développé et, selon le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes), les nouveaux diplômés plébiscitent à 90% ce type d’organisation, qui aurait permis une réduction des délais d’obtention de rendez-vous de 61% en 4 ans. Le Syndicat incite aussi à une meilleure régulation du marché avec un encadrement des centres de santé ophtalmiques, une suppression des offres de télémédecine à visée commerciale et la mise en œuvre de règles professionnelles pour les opticiens et orthoptistes.

Pour la contactologie, un protocole a été ratifié en mars 2022 à la suite d’une réunion entre le Snof, la SFOALC (Société française des ophtalmologistes adaptateurs de lentilles de contact) et le CNP (Conseil national professionnel) d’ophtalmologie. Il encourage la délégation de l’adaptation des lentilles de contact au sein du cabinet et promeut le travail aidé. Ce dispositif met en avant la relation ophtalmologiste/ opticien, même si 88% des sondés souhaitent que la contactologie reste sous la responsabilité des ophtalmologistes.

Attentes et besoins des Français

L’étude s’appuie sur les chiffres du sondage Opinion Way pour l’Asnav réalisé en mai 2023.

  • 72% ont des problèmes de vue
  • 40% sont touchés par la myopie
  • 61% doutent que la myopie puisse être freinée (Baromètre de la myopie Ipsos 2023).
  • 49% sont demandeurs de messages de prévention en santé visuelle.

La pandémie de myopie entraîne un problème de santé publique puisque ce défaut visuel touche de plus en plus de personnes. Néanmoins, les Français sont mal informés des solutions existantes pour freiner la myopie et de leur efficacité. Cette méconnaissance est aussi palpable sur d’autres sujets avec notamment la minimisation de nombreux risques, par exemple le non-port des lunettes en certaines occasions (conduite, etc.). L’accompagnement est donc primordial. Pour cela, l’ophtalmologiste est le professionnel privilégié, mais le rôle de l’opticien n’est pas négligeable.

Focus sur les centres visuels

Au niveau national, les réseaux de centres ophtalmologiques (plus de 2 implantations) sont peu nombreux. Quatre acteurs concentrent près de la moitié des centres de l’Hexagone : Point Vision, Accès Vision, Ophtalys et Excel Vision. Si les trois premiers font essentiellement des consultations, le 4ème s’est spécialisé dans le traitement laser des défauts visuels.

centress ophta france 2023

Pour se développer, les centres visuels vont devoir renforcer la confiance des patients, des professionnels de santé et des autorités de santé, notamment en se desolidariant des centres impliqués dans les derniers scandales (surfacturation, etc.). Ils vont devoir également augmenter leur visibilité et recruter de nouveaux praticiens.