Qui sont les télépatients ?

Le 19 Mars 2026

Selon une étude de la Drees (Direction de la recherche des études, de l’évaluation et des statistiques), 15% des plus de 18 ans ont eu recours au moins une fois à la téléconsultation dans l’année écoulée. Quel est le profil type de ces patients et pourquoi ont-ils choisi ce mode de consultation ?

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Qui a recours à la téléconsultation ?

La téléconsultation s’est développée durant la crise sanitaire du Covid-19 et est restée, par la suite, une pratique pérenne pour les médecins. Néanmoins, cela reste marginal et ne représentait, en 2023, que 2.2% de l’ensemble des consultations. Davantage utilisée dans les grands centres urbains, pourtant souvent dotés d’une meilleure offre de soins que les petites villes ou les territoires ruraux, la téléconsultation est majoritairement pratiquée par les jeunes (23 % des personnes âgées de moins de 45 ans contre 6 % parmi les 60 ans ou plus) et par les diplômés du supérieur (deux personnes sur dix contre une sur dix titulaires d’un CAP ou d’un BEP). Les femmes et les familles avec enfants pratiquent davantage la téléconsultation. Enfin, les personnes les plus favorisées et celles en bonne santé recourent davantage à la téléconsultation.

Pourquoi téléconsulter ?

43 % des personnes déclarent téléconsulter en raison des délais d’attente trop longs pour un rendez-vous en cabinet, 33 % pour une consultation en urgence et 20 % pour renouveler une ordonnance ou un certificat médical. 11% des sondés citent comme motif le fait d’être loin de leur domicile au moment où ils souhaitaient consulter. Pour les étudiants, ce chiffre est bien plus important (35%). A l’inverse, les plus de 75 ans ont tendance à téléconsulter pour obtenir des conseils médicaux (24% contre 11% de l’ensemble des télépatients) ou parce qu’ils ont du mal à se déplacer (22% contre 10%). Les personnes jugeant leur état de santé insatisfaisant téléconsultent également beaucoup plus souvent (29 %) en raison de difficultés à se déplacer. Deux tiers des personnes qui n’ont pas téléconsulté préfèrent se rendre sur place

Un dispositif apprécié... avec quelques réserves

En 2023, dans le Baromètre d’opinion de la Drees, 73% des sondés estimaient que les téléconsultations sont un moyen de lutter contre les déserts médicaux. Cependant, plus de huit sur dix considèrent qu’elle déshumanise la relation entre le patient et le médecin et plus de six sur dix qu’elle augmente le risque de fuite de données personnelles de santé. 42 % de la population estime que la téléconsultation devrait être autorisée uniquement avec son médecin traitant et 31 % avec des médecins que le patient a déjà vus . Les télépatients, à l’image de l’ensemble de la population, ne souhaitent globalement pas limiter les remboursements de certaines prestations par la Sécurité sociale ou réduire la prise en charge des longues maladies. Ils considèrent cependant plus fréquemment qu’il faudrait « permettre aux infirmiers ou aux pharmaciens de faire certaines tâches à la place des médecins, comme le renouvellement d’ordonnances » (84 % contre 77 %).