Plutôt que de partir des structures existantes, les trois syndicats (qui représentent ensemble la très large majorité de la profession) ont choisi d'organiser leur réflexion autour des parcours de santé visuelle, de l'enfance au grand âge. Cinq priorités en ressortent. En milieu scolaire d'abord, avec un renforcement du dépistage de l'amblyopie et de la myopie. Sur la route ensuite : anticiper la réforme du permis de conduire conditionné à une bonne acuité visuelle, en confiant aux opticiens la réalisation des examens de réfraction associés. Au comptoir, en systématisant le dépistage visuel au moment du renouvellement d'équipement et dans le suivi de certaines pathologies chroniques. À distance, en simplifiant la téléconsultation ophtalmologique avec un accompagnement par l'opticien. Et enfin auprès des plus âgés, avec une stratégie d' « aller vers » pour les résidents d'Ehpad.
Une méthode commune structure ces cinq propositions : mieux organiser la coopération entre professionnels de santé sur les territoires, sans jamais déplacer la responsabilité médicale du diagnostic et de la prescription, qui reste à l'ophtalmologiste. Une précaution qui n'est sans doute pas anodine à l'approche d'une séquence électorale où la profession veut peser comme un acteur responsable, plutôt que comme une profession cherchant à élargir son périmètre au détriment d'un autre.