Un rapport recommande de transférer toutes les dépenses vers les complémentaires

Le 25 Septembre 2026

L'Assurance maladie pourrait prochainement se désengager entièrement de l'optique. C'est ce que préconise un rapport visant à refonder l'articulation entre AMO et AMC remis aux ministres de la Santé et de l'Économie, qui a été rendu public.

Par Bruno Scala
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Ce serait un transfert de charge colossal vers les complémentaires. À terme, les lunettes (ainsi que les audioprothèses) pourraient ne plus être prises en charge par l'Assurance maladie, mais uniquement par les complémentaires. C'est l'une des 22 recommandations émises par la mission consacrée à l’articulation entre l’assurance maladie obligatoire (AMO) et l’assurance maladie complémentaire (AMC), qui avait été demandée par les ministères de l'Économie et de la Santé. Le rapport a été présenté aux ministres et rendu public le 24 septembre 2026.

Cette recommandation repose sur un achangement majeur : l'élargissement des missions des complémentaires qui, au passage, hériteraient d'un nouveau nom : « organismes d'assurance santé » (ODAS). En plus du financement des soins, ces organismes particieraient davantage à la prévention et accompagneraient les patients et les parcours de soins. Avec ces nouvelles missions, les ODAS disposeraient «de véritables leviers de gestion du risque, de structuration de l’offre et d’amélioration de l’efficience », justifient les auteurs, dans leur document d'une centaine de pages. 

Avec cette nouvelle disposition, c’est l’ensemble du 100 % Santé qui serait profondément remodelé. Si la mission précise aussi que « sur ces paniers de soins totalement décroisés [audio et optique], des garanties socles continueront à être définies par la réglementation, dans le cadre du contrat essentiel [qui remplacerait le contrat responsable], garantissant l’accès aux soins et la mutualisation entre assurés », elle souhaite néanmoins donner plus de liberté aux ODAS. En conséquence, les garanties du 100 % Santé pourraient être redéfinies, modifiées voire, pour certaines, supprimées, bien que ça ne soit pas l’objectif de ces recommandations. La mission souhaite en effet qu’un nouveau contrat essentiel, centré sur les soins jugés pertinents et scientifiquement validés, remplace l’actuel contrat responsable. Ce nouveau panier de soins serait évolutif, et son contenu révisé régulièrement par une instance composée de l’Unocam (complémentaires), l’Uncam (Assurance maladie) et la DSS. « L’instance pourrait notamment réexaminer les classes II de l’audioprothèse et B de l’optique, afin de déterminer si certains dispositifs médicaux aujourd’hui exclus du 100 % santé nécessiteraient d’être intégrés au panier de soins essentiels, afin de garantir un accès aux soins les plus pertinents et efficaces », illustrent les auteurs. Mais en laissant la main aux complémentaires sur la gestion du risque, on s’expose à l’accentuation d’une santé à deux vitesses.