Les Assises se sont déroulées lors du deuxième semestre 2025, avec des rencontres organisées sur tout le territoire. En novembre, à Caen, un atelier consacré aux filières visuelles, auditives et bucco-dentaires avaient fortement déçu les professionnels de ces secteurs. La synthèse des Assises étaient donc très attendue.
Dans cette synthèse, la ministre est revenu sur l’utilité de la télémédecine pour mieux suivre les patients et mieux coordonner les soins. Pour cela, quatre axes de travail seront privilégiés :
- Développer les compétences des professionnels de santé en matière de télémédecine et télé-sémiologie, en renforçant ces thématiques dans la formation initiale et continue.
- Renforcer la place de la télémédecine dans le suivi et le parcours des patients :
- Définition de nouvelles recommandations avec les sociétés savantes, sous l’égide de la HAS ;
- Déploiement massif de la téléexpertise, entre médecins généralistes et d’autres spécialités, en mobilisant notamment les établissements de santé et les équipes de soins spécialisées ;
- Obligation de production d’un résumé de téléconsultation à destination du médecin traitant.
- Déployer les possibilités de téléconsultation au bénéfice des patients qui en ont le plus besoin (sans médecin traitant, dans des territoires sous-denses, ne pouvant se déplacer ou très isolées) :
- Permettre des dérogations ciblées au seuil des 20 % liées à la situation du médecin ou à certaines situations de tensions sur l’offre de soins ;
- Favoriser la téléconsultation accompagnée dans les établissements ou services médico sociaux ;
- Permettre aux assistants médicaux d’accompagner la téléconsultation lorsque le patient téléconsulte avec son médecin traitant ;
- Elaborer un annuaire des bornes de téléconsultation accessibles aux personnes en situation de handicap.
- Limiter les dérives en encadrant davantage les lieux d’implantation des équipements de téléconsultation) et en mettant en place une obligation de déclaration préalable aux ARS avec une information aux CPAM et aux CPTS.
Des précisions sur les différentes stratégies adoptées seront connues d'ici quelques mois. Les dérives parfois observées, notamment dans les filières visuelles et auditives, ont été brièvement évoquées par Stéphanie Rist. La ministre a estimé que la télémédecine avait un rôle à jouer dans ces filières, mais dans un cadre vertueux... Tout est encore à faire pour éviter les dérives, mais les acteurs de l'optique restent mobilisés sur le sujet.
Le Rof (Rassemblement des opticiens de France) salue 'le travail conduit et la volonté de clarification autour des cas d'usages et des pratiques en télémédecine, en appelant de ses vœux un cadre juridique et organisationnel adapté à la filière visuelle".
Reprenant un extrait du discours de Stéphanie Rist sur certaines pratiques ne répondant pas aux exigences de qualité et de pertinence de prise en charge, le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) a remercié la ministre pour son analyse et s'est dit prêt à travailler sur ce sujet avec les Pouvoirs publics.
